Internet comme source d’information, oui, mais quelle sera la solution quand nous serons en surdose d’information? D’information de toutes sortes, d’informations véridiques, autant que fausses, comment faire le tri? Il y a de ça un certains temps, j’ai suivi un cours dans lequel nous discutions des agents intelligents. Ces agents sont, d’un point de vue informatique, l’équivalent d’un robot logiciel. C’est un programme qui accomplit des tâches à la manière d’un automate et en fonction de ce que lui a demandé son auteur.

Dans le contexte d’Internet, les agents intelligents sont liés au Web sémantique, dans lequel ils sont utilisés pour faire à la place des humains les recherches et les corrélations entre les résultats de ces recherches. Ceci se fait en fonction de règles prédéfinies. Ils sont capables d’une certaine autonomie, en particulier de dialoguer entre eux. Par exemple, l’agent intelligent d’une personne qui souhaite faire un achat sera capable de dialoguer avec les agents des vendeurs pour comparer prix, qualité et prestations. [Wikipedia]

Pour comprendre où nous allons, revoyons d’où nous venons : le Web 2.0 est un phénomène implanté dans nos coutumes depuis plusieurs années déjà. On a qualifié de Web 2.0 les interfaces permettant aux internautes d’interagir à la fois avec le contenu des pages mais aussi entre eux. Le Web 1.0 quant à lui était un web statique qui commençait tranquillement à devenir dynamique. Mais ce n’est qu’avec l’arrivée du Web 2.0 que nous avons vu apparaître un vrai Web interactif. Avec ce nouveau Web, nous pouvions maintenant travailler exclusivement avec des applications en ligne. Le Web 2.0 s’est aussi orienté pour le commerce ; voir aussi business 2.0 et marketing 2.0. Mais qu’en est-il du future du Web? Quel avenir pouvons-nous attendre de lui? Le Web qui est présentement en cours de développement est le Web 3.0. Et ce Web sera l’arrivée du Web sémantique.

Le Web sémantique est ce que l’on pourrait appeler l’avènement d’outils permettant de transformer automatiquement les données en informations, et les informations en savoir. C’est avant tout une représentation des connaissances.

Ces nouveaux outils permettent le développement d’applications pratiques qui rendent concrète la notion d’intelligence collective. C’est notamment le cas du « social bookmarking » ou de la recherche sociale (qui est une communauté d’échange et de transmission gratuite du savoir où le classement des utilisateurs est déterminé par le nombre de réponses pertinentes). Cette notion d’intelligence collective est déterminante, d’un côté nous avons la richesse et l’abondance, voire une surabondance d’information, et de l’autre côté nous avons la création d’outils et de solutions afin de nous permettre de gérer ce que notre mémoire humaine ne peut contenir.

Cette gestion du savoir implique l’acquisition (l’automatisation des tâches), la maintenance et l’accessibilité au savoir d’une organisation ou d’une communauté. Quand nous pensons qu’il y aura un départ massif à la retraite dans les prochaines années, nous ne pouvons que penser à comment nos entreprises réussiront à transmettre toutes ces connaissances acquises de cette génération à la génération suivante. Le but de la gestion du savoir est d’exploiter les éléments intellectuels d’une organisation pour une meilleure productivité et ainsi l’augmentation de la compétitivité.

Nous pouvons aussi penser aux effets de la mondialisation et de l’impact d’Internet, où un grand nombre d’entreprises se retrouvent avec des bureaux dispersés et où se forme des équipes « virtuelles ». Avec un nombre croissant de documents en ligne, plusieurs systèmes de gestion des documents sont apparus sur le marché. Par contre, ces systèmes ont de grandes lacunes:

  • Des lacunes dans la recherche des informations qui est principalement basée sur la recherche par mots-clés. Ce fonctionnement actuel nous renvoie souvent de l’information, des résultats qui n’ont souvent aucun rapport avec le sujet, car ils utilisent un certain mot dans un contexte différent.
  • Des lacunes dans l’extraction des informations qui nécessite à l’humain de naviguer et de lire par lui-même et d’extraire l’information pertinente directement de la source d’information. Extraire cette information à partir d’une représentation textuelle démontre ainsi l’incapacité à ces systèmes d’intégrer l’information diffusée provenant de différentes sources.
  • Des lacunes dans la maintenance: Soutenir et maintenir des sources de textes ayant déjà à la base une structure affaiblie est difficile et consomme énormément de temps une fois que ces sources prennent de l’ampleur. Le risque d’erreurs et d’anomalies s’accroît donc avec le système en question.

Nous pourrions envisager de multiples théories sur l’avenir du Web, mais je crois que nous avons atteint le stade où un grand ménage est nécessaire, car dans cette multiplication des sources d’information et aussi de la duplication de cette information nous en venant à se perdre. Je n’ai pas de statistiques précises, mais je sais que chacun de nous à déjà ressentit la frustration de lire et relire les mêmes nouvelles à plusieurs reprises sur différents sites.

Et selon vous, quel sera l’avenir du Web?

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7 commentaires

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7 Réponses à “L’évolution du Web passe-t-elle par le Web sémantique”

  1. Pierre-Armand Lalonde dit:

    Très bon billet et très bonne question. Et si la solution à la surdose d’information était humaine plutôt qu’informatique? Voir mon billet « L’ère de l’attention où la qualité de l’information est gage de la qualité de son réseau » qui touche à ce sujet.

    http://palalonde.com/attention_qualite/

  2. P.Gregoire dit:

    Merci Pierre-Armand pour ton commentaire. Le point de vue de ton billet «L’ère de l’attention où la qualité de l’information est gage de la qualité de son réseau» est effectivement très bon. L’aspect humain joue un très grand rôle dans la sélection de l’information.

    J’aime l’idée qui compare Twitter à une rivière. Une rivière où il y a un flux continuel d’information. Nous ne pouvons malheureusement pas s’approcher de la rivière et y abreuver toute l’information qui y circule, ce serait un suicide. Cependant, nous pouvons y aller par petite gorgée. L’important est de comprendre que si l’information est réellement importante, elle finira par revenir sous une forme ou une autre.

    La surcharge d’information est contagieuse et dangereuse. Si nous n’y faisons pas attention, on peut facilement devenir accro à cette surcharge d’information. L’important pour moi est de ne pas seulement consommer de l’information pour consommer. L’information que l’on consomme doit pouvoir nous servir, que ce soit dans notre emploi ou bien dans notre vie personnelle.

    Par exemple, un tri naturel se fait dans ceux que je vais suivre sur Twitter. Étant un passionné par les concepts de gouvernement électronique, de marketing 2.0 et de l’utilisation des réseaux sociaux pour leur apport communicationnel, il est normal pour moi que je te suive et que je suive également Nurun. C’est tout naturel. Le tri de nos sources d’information est selon moi primordial.

  3. Louis_Dea dit:

    Je crois que c’est à chacun de nous à trier l’information pertinente qui nous intéresse. Par exemple, je suis un passionné du web, de ressources et de nouvelles techniques de travail. C’est pourquoi j’ai parti MaRevueWeb.com. Mon but est de l’information qui, d’après mes critères, va rejoindre la plupart des usagers du site.

    C’est ce qui arrive avec Twitter, Delicious, StumbleUpon, Digg… Les usagers trient d’après leurs intérêts, d’autres gens les suivent puisqu’ils ont des intérêts communs. De cette façon, les sites web proposant les infos les plus pertinentes seront toujours mis de l’avant et les autres, resteront dans le fond du baril.

    Je crois comme toi Patrick, que le web est dû pour un grand ménage niveau informations. Mais je crois que ce grand ménage est déjà en trein de s’opérer graduellement :)

    P.S: J’espère que je ne passe pas trop à côté de la «track» par rapport au sujet de ton billet. :)

  4. P.Gregoire dit:

    @Louis_Dea Excellent commentaire! Je suis tout à fait du même avis que toi, le ménage commence d’abord par nous, et ce en triant notre information.

    Nous pourrions diviser mon billet sous deux portions: l’une est effectivement ce tri personnel de cette information. La deuxième est tout de fois plus technique. Qui dit plus technique ne dit pas forcément pour le mieux… Par Web Sémantique, nous pourrions parler de Web intelligent. Un Web qui ferait en sorte que l’on ait moins le besoin de «consommer toute cette information».

    Un exemple concret qui n’est pas tant fiction que ça:
    L’idée du Web Sémantique (Web intelligent) est que nous pourrions se réveiller un matin, ouvrir notre ordinateur et lancer une recherche pour l’achat d’un nouvelle ordinateur. Le Web Sémantique, composé de plusieurs agents intelligents (programmés), serait capable de connaître mes goûts, mes besoins, mon budget, mon lieu géographique, etc. En fait, tout élément qui viendrait influencer mon achat. Le soir venu, je reviens chez moi et je vois que mon engin intelligent de recherche me suggère tel ou tel produit à tel ou tel endroit. Cela n’aura prit qu’une fraction de seconde pour moi. Aucunement besoin d’aller moi-même magasiner sur différents sites Web et comparer le tout (ce qui en bout de ligne consomme de notre temps).

    Dans le fond, le Web Sémantique est un mixte de fiction et d’intelligence artificielle qui prend réalité.

    Merci pour ton commentaire.

  5. Louis_Dea dit:

    Ah d’accord, merci pour l’exemple, je comprend mieux la définition du terme Web Sémantique.

  6. Hugo Soucy dit:

    Bonjour,
    l’an passé j’ai écrit sur le blogue de l’agence Web pour laquelle je bosse, un billet de vulgarisation à propos du web sémantique, intitulé : « Qu’est-ce que le Web sémantique : Une introduction » (http://blog.kryzalid.net/2009/05/14/quest-ce-que-le-web-semantique-une-introduction/ ). Je crois qu’il pourrait être un complément à votre billet.

    Je tiens à préciser que je ne suis pas un spécialiste du web sémantique, mais plutôt un sympathisant très intéressé.

    D’ailleurs ça serait bien que les sympathisants québecois se munissent d’un espace à eux pour explorer et partager à propos du web sémantique. Je lance cette idée, si jamais ce genre de projet vous intéresse, communiquer avec moi. Vous trouverez mes coordonnées sur le site hugosoucy.name.

    Salutations…

  7. P.Gregoire dit:

    @Hugo Soucy, Super intéressant ton billet! J’aimerais bien en apprendre davantage sur comment faire pour que nos contenus deviennent davantage «sémantique». Je connais l’idée derrière, mais n’étant pas programmeur, je suis loin d’être capable de le mettre en application. L’avenir risque d’être très excitant de ce côté là.

    Merci encore pour ton commentaire. J’ai également pris le temps de modifier ton hyperlien afin qu’il soit fonctionnel.

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